Comme vous aurez pu vous en apercevoir si vous avez lu ceci et ceci, j'ai beaucoup de mal avec l'attitude qu'adopte l'église catholique vis à vis des gays. L'insupportable a été atteint lors de l'élection de Beubeu XVI, remplaçant l'autre mitré enfin décédé qui, sous des airs plus aimables, tenait des positions tout aussi nauséabondes.
En avril 2005, l'élection du fascisant teuton constitua la goutte qui fit débordé le vase...
J'en conçu donc la nécessité de quitter cette communauté choisie pour moi par mes vieux aux premiers jours de ma naissance.
Suite aux démarches idoines, je suis donc maintenant apostat...Ce qui ne fut pas sans mal, l'église freinant des quatres fers pour ne pas répondre aux déclarations d'apostasie qui lui parviennent.
Voici les textes des démarches effectuées auprès de l'évêché et de la cure de ma paroisse de naissance.
Si ça pouvait créer l'envie chez un maximum de gays.......
Doc.1
A l'attention de
Monsieur Aloys JOUSTEN,
Rue de l'évêché, 25,
4000 Liège
et
Monsieur Michel CAPE,
Presbytère de la paroisse St Nicolas,
Rue de l’église, 30,
4801 Stembert (Verviers)
Messieurs,
Courant 2003 ont été publiés les considérations de Joseph Ratzinger sur l'homosexualité.
Sa prose, avalisée par Jean Paul II, à présidé largement à l'émergence de mon désir d'apostasie.
Conscient de l'importance de la démarche, je me suis donné le temps de la réflexion. Deux années se sont donc écoulées puis advint le départ de Jean Paul II et l'élection "attendue" du fameux Ratzinger.
Comme il le dit lui-même, l'église est une barque qui prend l'eau. Plutôt que d'y rassembler du matériel de renflouage, les cardinaux y ont placé une enclume. Soit.
Cette élection assoie définitivement ma décision d'apostasier. Je vous fais parvenir ma déclaration actualisée ci-jointe.
Je vous en souhaite bonne réception.
Bien à vous,
XXXX XXXXX XXXXXXX.
Doc.2
A l’attention de
Monsieur Aloys JOUSTEN,
Rue de l’évêché, 25,
4000 Liège
Monsieur Michel CAPE,
Presbytère de la paroisse St Nicolas,
Rue de l’église, 30,
4801 Stembert (Verviers)
Envoi recommandé
Monsieur,
Ayant été baptisé en l’église Saint-Nicolas de Stembert en l’année XXXX, sous le nom de XXXX XXXXX XXXXXX,
Je vous prie de bien vouloir porter sur le registre des baptêmes, en regard de mon nom, la mention suivante :
« a renié son baptême par lettre recommandée en date du 20 avril 2005 »
Mes convictions philosophiques ne correspondent plus à celles exprimées par votre église, notamment et précisément sur la question du mariage homosexuel, et les considérations de Joseph Ratzinger sur ce sujet, avalisées par Jean-Paul II, constituent le point de rupture avec la communauté chrétienne.
Si je ne conteste pas à votre église le droit d’exprimer des idées, même si celles-ci font montre d’un ostracisme effarant, je lui conteste le droit d’appeler les élus se réclamant de son obédience, au devoir d’incivilité.
[…le parlementaire catholique….doit s'opposer par les moyens qui lui sont possibles …à une loi favorable aux unions homosexuelles…]
[…Leur but est aussi d'éclairer l'action des hommes politiques catholiques pour lesquels elles indiqueront les lignes de conduite conformes à la conscience chrétienne quand ils seront confrontés à des projets de loi concernant ce problème…]
En outre, les considérations développées sur ce sujet, pour erronées qu’elles paraissent, sont archaïques, blessantes, dangereuses et rappellent des temps dont votre église n’a pas à s’enorgueillir.
Motivation/ Extraits :
( P.m : « Durant l'audience accordée le 28 mars 2003 au Cardinal Préfet soussigné, le Souverain Pontife Jean-Paul II a approuvé les présentes considérations»)
Il s'agit d'un phénomène moral et social inquiétant……Le comportement homosexuel comme relation sociale prévue et approuvée par la loi, au point de devenir une des institutions du système juridique, finirait par entraîner un changement de l'organisation sociale tout entière, qui deviendrait contraire au bien commun.
Inquiétant pour qui et pour quoi ? Votre église craint-elle une « contagion » qui mènerait l’humanité à son extinction, chaque individu étant devenu homosexuel parce que vampirisé par l’attrait de l’homosexualité enfin reconnue ? Est-ce vraiment sérieux ?
Ces interventions seront destinées à protéger et à promouvoir la dignité du mariage, fondement de la famille, ainsi que la solidité de la société dont cette institution est une partie constitutive.
Protéger et promouvoir la dignité du mariage me semble légitime et je comprends que votre église l’estime nécessaire. Mais il s’agit là du mariage chrétien qui implique effectivement, puisque telles sont vos convictions, un « devoir de procréation et d’éducation ». Les homosexuels ne réclament pas le mariage chrétien, ils n’en ont cure pour la plupart. Ils aspirent à la forme juridique du mariage et à sa reconnaissance sociale. Votre église et ses positions n’ont plus rien d’attractif, parce que trop souvent rétrogrades, vous n’êtes pas sans le savoir…et je pense pouvoir vous promettre que jamais la communauté homosexuelle ne démarchera auprès de la chrétienté pour obtenir une quelconque reconnaissance de ses unions. Que votre église soit rassurée !
L'enseignement de l'Église sur le mariage….propose à nouveau une vérité évidente pour la droite raison
C’est précisément ce genre de positionnement péremptoire de votre église qui la mène à une désaffection croissante. « Vérité, droite raison,… » sont des postulats insensés qui émaillent son histoire, dans ses épisodes les moins glorieux souvent, et qui ont donné naissance à des considérations abjectes telle que, par exemple, la qualification de l’homme en fonction du fait qu’il soit doté d’une âme ou non, les Indiens en ayant une et les Noirs non. Vous n’en êtes plus là, je vous l’accorde, mais les conceptions qui ont présidé à ce genre de choses existent encore. Votre église ne semble pas même un peu « gênée aux entournures ».
Le mariage n’est pas une union quelconque entre personnes humaines
« Union » et « quelconque » ne semblent pas précisément être des termes associables lorsqu’il s’agit d’amour. Un mariage, religieux ou juridique, concerne à l’évidence des êtres humains et l’amour qu’ils se portent, ça ne peut donc pas être une « quelconque union » Au moins en nos temps actuels. Car à l’évidence, votre église, dans son histoire, a consacré bien des mariages où, précisément l’amour cédait la place à la politique, à l’argent, au patrimoine. Elle semblait alors moins regardante. Encore une fois, peut-être n’en est-t-elle plus là, mais les idées qui l’animait alors persistent encore, manifestement.
Aucune idéologie ne peut effacer de l’esprit humain cette certitude : le mariage n’existe qu’entre deux personnes de sexe différent qui, par le moyen de la donation personnelle réciproque, propre et exclusive, tendent à la communion de leurs personnes.
Sur quel fondement, autre qu’arbitraire, s’appuie une telle affirmation. Arbitraire parce que précisant « entre deux personnes de sexe différent »… ! La phrase suivante : « Le mariage n'existe qu'entre deux personnes du même sexe qui, par le moyen de la donation personnelle réciproque, propre et exclusive, tendent à la communion de leurs personnes » a-t-elle moins de sens ? Pour tout esprit bien né, à l’évidence non. C’est donc en partie sur ce postulat erroné que votre église assoie sa position. Dans une veine tentative de se réapproprier le monopole du mariage ? Jouant la confusion entre mariage chrétien et civil qui, pour le premier, est massivement déserté ? Votre église ne serait-elle pas bien inspirée de s’arrêter un peu sur elle-même, pour imaginer comment accompagner les évolutions sociales plutôt que de se figer sur des positions aussi archaïques et qui expliquent peut-être le « désamour » qu’elle enregistre ?
La vérité naturelle sur le mariage a été confirmée par la Révélation dans les récits bibliques de la création, expression même de la sagesse humaine originaire où se fait entendre la voix de la nature elle-même.
La sexualité fait partie de la sphère biologique, elle se trouve élevée, dans la créature humaine, à un autre niveau, le niveau personnel, où s'unissent corps et esprit
« Vérité naturelle confirmée par la Révélation » ne peut concerner que les croyants. Nous sommes dès lors distancié d’une vérité universelle ( postulons que ce concept existe ! ) que votre église pourrait alors opposer à quiconque. Pourquoi cette subtilité semble-t-elle systématiquement lui échappé ?
« …la sexualité élevée à un niveau personnel où s’unissent corps et esprit… » est la définition de la sexualité humaine, qui se différencie par là-même de la sexualité animale. Laisser entendre que cette définition concerne la juste, légitime et chrétienne hétérosexualité renvoie l’homosexualité au rang de la sexualité animale (cfr. « Ces relations sont humaines lorsque et en tant qu'elles expriment et promeuvent l'aide mutuelle des sexes dans le mariage et restent ouvertes à la transmission de la vie »)
Votre église ressent-elle ne serait-ce qu’un soupçon de honte ?
Le mariage est institué [par le Créateur] comme un état de vie dans lequel s'effectue la communion de personnes qui engage l'exercice des facultés sexuelles.
Sans revenir sur le distinguo habilement éludé entre mariage chrétien et civil, en ce qui concerne précisément celui-ci, le mariage homosexuel est également « un état de vie dans lequel s’effectue la communion de personnes qui engage l’exercice des facultés sexuelles ». Facultés mises au service du plaisir donné et reçu, de l’épanouissement des partenaires et non pas, évidemment, au service de la procréation. Depuis quand votre église est-elle empêtrée dans « ce problème » liant sexe et plaisir ? Que pendant des siècles, dans le cadre de mariage arrangé consacré par elle, des femmes aient mis au monde des enfants après abus, subi des relations dépourvues de plaisir pour elle-même, ne semble jamais avoir dérangé votre église. Mais que la notion même du plaisir sous-tende à elle seule une relation sexuelle entre deux êtres, à fortiori du même sexe, à l’exclusion de toute idée de procréation, et voilà votre église en croisade. Mais ça fait maintenant trente ans que sexe, plaisir et procréation ne constitue plus la seule équation possible. Et, selon la loi des nombres, c’est dans vos rangs que cet heureux phénomène est le plus présent. Abreuver vos ouailles de directives rétrogrades est discutable mais légitime. Les agencer en arguments pour contrer l’évolution des mœurs, les diffuser largement au risque de les voir récupérer par des instances fascisantes ou totalitaires à travers le monde, se trouvant légitimées dans leurs actions répressives et persécutrices, relève au mieux de l’inconscience. Que votre église interdise « l’usage » de la loi sur le mariage aux homosexuels se réclamant de votre obédience serait discutable mais logique. Qu’elle s’autorise à combattre une loi quand elle existe ou à tenter d’influer sur son élaboration relève d’une nostalgie moyenâgeuse. Au 21° siècle, les pouvoirs sont heureusement séparés. Dans nos démocraties, votre église à largement perdu son influence, heureusement. Il n’en est malheureusement pas ainsi sous des régimes moins clément. Votre église est blessante vis-à-vis de la communauté homosexuelle, elle est aussi dangereuse.
Les actes homosexuels….ne procèdent pas d'une complémentarité affective et sexuelle véritable.
Une telle assertion révèle une totale méconnaissance de la part de l’auteur,( et comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs), des relations affectives et sexuelles entre partenaires. Sa seule vertu est qu’elle décrédibilise à elle seule la position aberrante que votre église à choisi d’occuper dans cette affaire. Votre église fait mal à la communauté homosexuelle mais par une sorte de justice immanente, elle se fait mal à elle-même en se montrant à ce point décalée de toute réalité, visiblement dépassée. Cela en devient presque pathétique. Bien sûr que, comme pour une relation amoureuse hétérosexuelle, une relation d’amour homosexuelle procède d’une complémentarité affective et sexuelle. Affirmer le contraire va contre le simple bon sens.
Les relations homosexuelles sont condamnées comme des dépravations graves...
Ce jugement….ne permet pas de conclure que tous ceux qui souffrent de cette anomalie en sont personnellement responsables….mais il confirme que les actes d'homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ...
Effectivement, de par le monde, il y a malheureusement de nombreux homosexuels « condamnés pour dépravations graves » par des régimes qui, à l’évidence, partagent les convictions de votre église. Dans d’autres, ils sont « soignés pour cette anomalie intrinsèquement désordonnée » dans des structures asilaires d’un autre temps. Par ses positions, votre église renforce ces horreurs, les légitimise. Dégâts collatéraux d’une croisade droite et juste ? J’ai la nausée en écrivant ces lignes. Et vous, en les lisant ?
Néanmoins, les hommes et les femmes ayant des tendances homosexuelles doivent être accueillis avec respect, compassion, délicatesse. On évitera toute marque de discrimination injuste
Seule cette notion évite à votre église l’assimilation complète aux fascistes. Discours communs, mise en œuvre différente.(On ne peut que se réjouir de sa perte d’influence, penser à son passé historique fait frémir !) Elle convient que les homosexuels ont droit au respect. Cela va sans dire ! Mais à la lecture des « considérations » de Ratzinger, cela ira certainement mieux en le disant… ! Quant à la compassion, ce serait peut-être bien à la communauté homosexuelle de l’éprouver à l’égard de votre église qui semble s’égarer dans des chemins scabreux où elle pourrait bien finir par se perdre durablement. Pour ce qui est de la délicatesse…
On peut demander comment peut être contraire au bien commun une loi qui n'impose aucun comportement particulier, mais qui s'en tient à rendre légale une réalité de fait qui apparemment ne semble comporter aucune injustice envers personne.
En effet… ! La réponse est dans la question… !
Je suis homosexuel et vis une relation amoureuse depuis quatre ans. Quoiqu’en pense votre église, cette relation est belle et considérable parce que conçue dans l’amour, le respect de soi, des anciens partenaires de vie. Si votre église a considéré ma première union comme « l’expression immanente de l’amour divin », je lui conteste le droit de déconsidérer ma présente relation.
A l’image d’un têtard frétillant dans une flaque d’eau s’évaporant inexorablement au soleil, votre église semble s’agiter à perte, en lutte contre l’évolution des choses et des hommes. Les mariages homosexuels sont déjà légaux dans deux pays dont le nôtre. L’évolution suivra son cours sans que votre église n’y puisse, heureusement, rien changer. Toutes ses gesticulations seraient dérisoires si elles ne portaient en elle-même le germe de la discrimination, de l’exclusion, de la persécution. Votre église ne peut ignorer le sort réservé aux homosexuels par certains et le poids morbide que ses positions risquent bien de prendre dans diverses sombres contrées. Si elle en a une, que va-t-elle faire de sa conscience ?
Malgré ma raison, je me sens blessé et sali par votre église. Néanmoins, tenant une position schizophrénique inconfortable, je tiens à vous manifester explicitement le respect naturel que je vous porte en temps qu’être humain mais aussi à vous faire part du mépris que m’inspire votre fonction, induit par votre silence assourdissant en réponse à ces considérations ecclésiastiques insupportables. Où l’être humain se cache-t-il dans l’homme d’église ? Etes-vous sûr de ne pas l’avoir perdu ?
En conséquence, je ne peux, et ne veux plus faire partie de votre communauté se réclamant de conceptions aussi malveillantes. Je vous prie donc de bien vouloir me rayer des listes des baptisés tenue dans votre diocèse, et de m’adresser attestation de cette radiation.
Pour contrer toute velléité de blocage de ma présente apostasie, je vous prie de prendre note que votre église ne peut, légalement, me refuser cette requête, aux termes de la loi belge relative à la protection des données personnelles du 8 décembre 1992. (art.12 § 1 ) et de la convention européenne (art.9) et que le cas échéant, je ferai requête auprès de la juridiction compétente.
Dans l’attente de votre confirmation écrite dans un délai raisonnable, c à d inférieur à un mois (loi 1992 art.12 § 3), je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.
Fait à Bierges, le 20 avril 2005 .
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