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That's my life...

Lundi 19 septembre 2005 1 19 /09 /2005 00:00

Du point culminant, l'église surplombait le village. Sur son flanc s'aggripait une petite bâtisse couverte de tuiles rouges abritant Matthias, le fantasque curé de la paroisse. Une ruelle longeait le presbytère qui, en passant devant l'école, menait au centre paroissial. Là nous avait été dévolu un local que nous avions aménagé à grande peine pour nous réunir tout les samedis matins.

La troupe comptait une trentaine de scouts, divisée en quatre patrouilles. Les responsables de ces patrouilles formaient  eux mêmes la patrouille des Jaguars. Malgré mes seize ans,  j'en faisais partie. J'étais dégourdi, fonceur, déluré, ce qui m'avait valu de prendre en charge la patrouille des castors, et par là intégrer celle des aînés. J'étais très nettement le plus jeune.

Mon jeune âge me conférait un statut particulier. Très vite je devins la mascotte, celui qu'on protège d'un regard bienveillant, qu'on prend sous son aile pour le faire grandir, celui qu'on déniaisera au besoin...
Alors que mes parents m' imaginaient intégré dans un groupe de jeunes à haute valeur morale ajoutée, ce qui était partiellement vrai d'ailleurs, j'entamai néanmoins un parcours initiatique des plus débridés dont les heureux souvenirs m'habitent encore.
Mon père, négociant textile, était un homme d'une bonté débordante. Chrétien pratiquant, il nous élevait dans les préceptes religieux mais sans ostracisme. Il  considérait notre liberté nécessaire, importante, innégociable. Il proposait ses valeurs en exemple, souhaitant vivement qu'on se les approprie, mais ne manifestait en aucune manière d'autoritarisme en ce domaine.
Par contre, il émanait de lui une autorité naturelle, qu'il asseyait sur un dialogue permanent prenant souvent la forme d'un colloque singulier auquel il nous convoquait soit dans notre chambre, soit dans son bureau, et durant lequel nous avions à répondre à ses interpellations sur des attitudes, des positions que nous avions prises et qui lui posaient question. Ainsi, un bulletin scolaire défaillant appelait-il un questionnement sur nos responsabilités plutôt que des sanctions qu'il jugeait dérisoires.
 
Bref, nous le respections beaucoup et craignions davantage  de répondre à la justesse de ses positions que son autorité ou ses sanctions.
....
 
Par gael - Publié dans : " class="linkTopic">That's my life...
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Lundi 19 septembre 2005 1 19 /09 /2005 00:00

Quant à ma mère, femme élégante et enjouée, rien dans son allure ne laissait imaginer qu'elle avait enfanter six fois. Elle se déclarait épouse puis mère. Elle travaillait tant et plus à l'entretien du ménage et à l'éducation de sa marmaille.

Elle était souvent citée en exemple dans le village pour sa capacité à assumer tout cela sans que n'apparaisse trace de fatigue, d'énervement , de lassitude. Mon père posait sur elle un regard empli d'orgueil. Si vite avait-elle pensé émettre un désir que mon père était en manoeuvre pour la satisfaire ou nous enjoignait de nous exécuter.
Elle croyait en dieu  pour plaire à son mari plutôt que par réelle conviction. Elle pratiquait donc régulièrement, et nous avec elle, à la grande satisfaction paternelle. Au fur et à mesure que nous grandissions, que notre libre arbitre s'exprimait, ses convictions s'émoussaient. Le jour où, bien plus tard, mon père fit une thrombose, elle en voulu à la terre entière et en tout cas au ciel, et elle finit par tout envoyer balader.
Notre village, planté à l'entrée des Ardennes, comptait quelques trois milles âmes. La famille était connue comme Barabas à la passion. Tous, du plus petit au plus grand, traversions les rues à vélo comme des trombes, affolant tout qui croisait notre chemin, craignant qu'un drame finisse par endeuillé notre famille. Nous avons tous survécu. Les parents étaient très investi dans les affaires paroissiales, dans la vie de l'école, les enfants avaient tous intégré les mouvements de jeunesse du village, fréquentaient les nombreuses familles des nombreux copains, bref...pas question de passer inaperçu pour aucun d'entre nous.
C'est dans ce contexte que prit naissance mon histoire d'homme. Il eut été différent que ma vie l'eut été elle aussi. Mais ne dit-on pas "tout est bien que finit bien..."
Par Gaël Newman - Publié dans : " class="linkTopic">That's my life...
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Mardi 20 septembre 2005 2 20 /09 /2005 00:00

Il était mon ainé, il s'appellait André. Fils d'un père volage, inconscéquant et d'une mère dénaturée, il vivait chez sa grand-mère en bas du village. Depuis son plus jeune âge, il en bavait. Bienveillante quoiqu'autoritaire, "Manette" comme il l'appellait, tentait de compenser l'absence d'un foyer familial chaleureux comme elle pouvait.

L'âge de la retraite largement dépassé, elle poursuivait vaille que vaille ses activités de coiffeuse pour subvenir au mieux à cet enfant qu'elle n'attendait pas vraiment. Sa clientèle se réduisait de jour en jour au gré des départs auxquels l'âge de ces braves femmes les pré-destinaient. Ça puait un peu la mort dans ce salon. La mort et les effluves de permanentes. Ce n'était pas l'endroit rêve pour un enfant, mais c'était mieux que rien.
En comparaison, ma famille lui semblait correspondre à la définition du paradis. Chaleur, rigolades, fratrie, un père et une mère...Il venait se ressourcer chez nous constamment. Il était considéré comme le petit septième...Sa grand-mère en avait conscience et en nourrissait une réelle satisfaction qu'elle traduisait en me considérant à mon tour comme son second petit fils. Lui et moi étions quasi frères, somme toute.
Il concevait de son histoire une haine viscérale des femmes, représentant toutes à ses yeux l'abandon maternel. Il ne pouvait les investir affectivement, sauf peut-être ma propre mère qui semblait l'assurer d'un amour inconditionnel. Même avec Manette, il pouvait se montrer odieux, injuste. Je pense pourtant qu'il l'aimait, mais l'amour lui semblait dangereux puisqu'il avait vécu tant de douleur en son nom.
Chez lui, nous avions deux théâtres de jeu. L'atelier de vitrier de feu son grand-père, blottit au fond du jardin, d'où on pouvait échapper au regard en fermant porte et persiennes, et sa chambre nichée sous le toit, où nous nous réfugions lorsque nous voulions échapper aux adultes. On entendait les voix des clientes montant du salon, mais l'escalier, qui craquait à chaque pas, nous prévenait de l'arrivée imminente de quelqu'un. Nous jouissions d'une liberté totale chez Manette. Ça contrastait évidemment de chez moi, et je trouvais cette liberté extraordinaire, surréaliste.
Les vieilles clientes, attendries par ces deux jeunes garçons, y allaient de leurs petites pièces qui emplissaient une tirelire laissée en évidence sur un guéridon à leur bonne attention. Nous avions donc beaucoup de liberté et pas mal d'argent pour notre âge. Nous complétions notre magot par la réalisation de petits bricolages souvent ridicules, que nous mettions en vente au salon, et qui faisaient glousser les petites vieilles, célébrant notre débrouillardise et notre imagination tout en achetant à tour de bras nos bibelots qui allaient s'entasser dans leur intérieur que l'on imaginait très kitch.
 
A douze et treize ans, nous avions un passé commun d'une dizaine d'année. Lui venait chez moi chercher la chaleur dont il manquait, moi j'allais chez lui goûter une liberté que n'octroyaient pas nos parents à des enfants de nos âges. Chaque famille était rassurée par la prise en charge de l'autre, et nous avons joué de ça durant des années, menant une vie que nous étions seul à connaître.
Par Gaël Newman - Publié dans : " class="linkTopic">That's my life...
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Mardi 20 septembre 2005 2 20 /09 /2005 00:00

Nous étions dans notre refuge sous les toits. Le soleil de l'été surchauffait l'atmosphère. Malgré la chaleur, André insistait lourdement pour pousser la chevillette de la porte. Naïvement, je négociai alors pour ouvrir en grand les deux fenêtres découpées dans le toit.

- Si on ouvre, me dit-il, "la Bernadette" en profitera pour nous épier.

"La Bernadette" comme il l'appelait, était la voisine d'en face dont la fenêtre de chambre donnait sur notre toit. Elle avait un visage ingrat et un corps un peu rond, mais ces détails étaient superflus pour expliquer l'animosité d'André à son égard, il suffisait qu'elle soit une fille...

- On s'en fout de Bernadette, répliquai-je...

- Je ne veux pas qu'elle nous voit, mettons des couvertures.

- Qu'elle nous voit quoi... ?

- Mettons ces couvertures, et ne discute pas !

En tant qu'aîné, il avait un certain ascendant sur moi, duquel je me défendais mal.

Une fois les fenêtres occultées, nous étions couchés chacun sur un lit lors qu'au prétexte de la chaleur étouffante, André entreprit de se déshabiller.

- Ben vas-y, dessappes-toi, on crève ici, me lança-t-il.

Je m'exécutai sans renâcler, après tout on crevait de chaud, c'était vrai.

Allongé en slip sur nos lits, on flânait en regardant le plafond.

- T'as déjà vu un mec à poil, me demanda André ?

- Tu rigoles, j'ai trois frères... évidemment que j'ai déjà vu des mecs à poils !

- Moi non...

Une main sous sa tête, l'autre entreprit de descendre lentement vers son slip dans lequel elle se fourra. Les va-et-vient qu'elle faisait m'intriguait, je percevais quelque chose d'inconnu qui éveillait de l’intérêt malgré moi.
 
- Tu t'es déjà branlé ?

Je répondis que je ne savais pas ce que ça voulait dire tout en ressentant des impressions agréables mais inconnues dans mon bas ventre.

- Ben regarde alors, répondit-il

D'un seul coup, il ôta son slip qui vola sur le sol, laissant apparaître son sexe dur et droit. Il le caressait, l'étirait en poussant de petits gémissements qui me firent un effet très agréable.

- Vas-y, fais la même chose...

- Et si quelqu'un monte, m'inquiétais-je ?

- Je vais tourner la clé... de toute façon, si quelqu'un vient, on l'entendra.

Il se leva alors, se dirigea vers la porte, son sexe en érection me paru énorme quand il passa à ma hauteur.

Plutôt que de retourner sur son lit, il vint s'asseoir sur le mien. D'une main, il se masturbait, de l'autre il entreprit de me caresser. J'étais fasciné de voir son gland apparaître puis disparaître au gré de ses mouvements, me demandant comment "sa petite boule" ne tombait pas par terre ! Il hurla de rire lorsque je lui demandai.

- Attends, j'te montre, fit-il en empoignant mon sexe qui durcissait à vue d’œil.

Tout en me branlant, il se penchait vers moi, si près que je sentais son souffle haletant sur mon visage. Il me décalotta et ma surprise fut grande de constater que tout tenait parfaitement. Mon soulagement était sans mesure. Chaque fois que je me touchais la queue dans les toilettes, je craignais d'y voir tomber mon gland... Que de temps et d'occasion perdue...

Sous la lumière tamisée du soleil, nos corps semblaient dorés. Nous étions minces tous les deux, les prémices de l'adolescence commençaient à dessiner nos corps. J'avais l'impression soulageant que nous étions deux copies conformes. Son corps me plaisait parce qu'il était à l'image du mien.

Ses lèvres se posèrent sur les miennes, et je fus surpris de l'envie qui s'empara de moi de l'enlacer. André faisait preuve d'une douceur que je ne lui connaissais pas.

Quittant mon visage, ses lèvres embrassaient mon cou, puis descendirent sur mon torse, puis sur mon ventre. Je fus surpris lorsqu'il avala ma queue raidie de plaisir. Je m'entendais pousser des petits gémissements. Le temps s'arrêtait.

Sa cavité chaude et humide engouffrant mon sexe m'emmena au sommet de l'excitation. Mon bassin faisait des soubresauts convulsifs qui semblaient lui plaire. Ses mains caressaient mes fesses, les malaxaient. Sa salive abondante coulait entre mes jambes et m'inondait le cul.

Il releva mes jambes sur ses épaules et d'un doigt, titilla mon trou. C'était à la fois agréable et bizarre. J'aimais qu'il le caressa, mais la pression qu'il y mettait par moment m'intriguait, me gênait un peu... Je serrai les fesses.

André ne parlait plus. Son souffle était de plus en plus court, le mien aussi. Il reprit ma queue en bouche et je sentis progressivement une chaleur bienfaisante parcourir mon ventre. J'eus peur de devoir uriner. D'un coup il quitta mon sexe pour gober mes testicules. Je me raidis d'abord de peur d'avoir mal puis fut sur-le-champ envahi par le bien-être. Mes convulsions du bassin reprirent de plus belle.

Relevant ma jambe, sa langue vint explorer mon anus avec une douceur indicible. Je sentais mon cul serré s'abandonner en une détente totale. Mes gémissements s'intensifièrent.
 
- Ne gueule pas comme ça, me dit-il en souriant, tu vas ameuter la vieille.

J'étais à mille lieues de penser à quoique ce soit.

Instinctivement, je me retournai sur le lit, lui présentant mon cul rebondi, frottant mon sexe rouge de plaisir sur le drap.

Ce que j'avais instinctivement pressenti se déroula. Ses coups de langue s'intensifièrent. Il me pénétrait petit à petit avec la langue. Je me cambrai davantage à la recherche d'un plaisir plus intense encore. Puis je sentis son doigt essayant de forcer le passage. Je me raidis sous la douleur et me retournai aussitôt.

- Pardon, fit-il, t'as eu mal ?

Haletant, suant de chaleur, je le rassurai d'un sourire.

Nous nous sommes alors masturbé ensemble. Le plaisir de nous voir ainsi, jouant de l'interdit, acteurs du plaisir de nos deux corps, m'ôtait toute impression de gêne.

Notre plaisir mutuel jaillit de nos queues en une gerbe de sperme qui vint s'écraser sur nos torses. Nous sommes restés de longues minutes immobiles, en silence, regardant nos ventres inondés se soulever en saccades pour se calmer peu à peu. Nous nous sommes un moment endormi.

 

 

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Mercredi 21 septembre 2005 3 21 /09 /2005 00:00

J'ai toujours été un élève assez moyen. Pas que je fus trop con mais plutôt fainéant. J'en faisais juste assez mais guère plus. A l'école primaire du village, mon rythme de travail ne posait pas problème. J'étais même assez bon. Il en sera autrement plus tard...

Mon père étais très investi dans la vie de l'école, il y présidait l'assemblée générale. A ce titre, il était associé aux grandes décisions, il avait un bureau dans les murs. Étant "le fils de", je me sentais un peu chez moi.

Spontanément sociable, j'avais une ribambelle de copains. Dans le groupe, Serge était mon ami. Dès que je l'aperçu à son arrivée dans l'école au début de la quatrième année, il me fascina. J'eus été incapable à l'époque d'expliquer ce qui nourrissait cette fascination subite. Maintenant je peux dire qu'il était d'une beauté surprenante. Le genre de mec qui, quelle que soit l’attitude du moment, n'avait jamais l'air bête, la mèche tombant toujours là où il faut, le regard pétillant, des expressions du visage semblant constamment issues d'un dessin au fuseau, un corps taillé au couteau. Le genre de mec qui agace, quoi. Sauf que moi, il ne m'agaçait pas du tout. J'ai de suite jeté mon dévolu sur lui, en lui offrant mon amitié. A l'époque, dans l'école, ce n'était pas rien d'être mon ami.

Je vivais les choses comme elle venait. Je ne me posais pas de question sur la nature de cette amitié. Elle était telle, c'est tout. Je me sentais naturellement dans la norme, j'étais content et fier de cette amitié. Mon entourage me reconnaissait cette faculté de lier des liens forts avec mes amis... André... Serge...  Personne ne semblait interpellé par l'intensité que je pouvais y mettre, et certainement pas moi. Tout était donc bien.

Je n'aimais pas du tout le rapport qu'il avait avec les filles. Là où elles étaient pour moi des confidentes, des partenaires de jeux à la cour de récréation pendant que mes potes jouaient au foot ou à d'autres jeux idiots, lui jouait les bellâtres, avec un certain succès d'ailleurs, mais sans finesse. Je me sentais jaloux de ne pas avoir l'exclusivité de son attention, et en même temps fâché de ses incursions dans mon groupe d'amies avec qui j'avais, pour ma part, des rapports dépourvus de toute ambiguïté. Ce ressenti était confus mais bien réel.

J'adorais les après quatre heures quand, les devoirs terminés, je montais à vélo chez Serge pour jouer. André étant à l'internat toute la semaine, Serge était l'objet de toute mon attention. Sa mère était couturière et travaillait à domicile. Son travail l'occupait jusque tard dans la journée et nous profitions alors d'une liberté bien venue. Ses grands-parents habitaient juste à coté et, au-delà du chemin qui longeait leur maison, se trouvait le terrain vague, notre ère de jeu. Nous y entrions par un trou dans la clôture et n'en sortions qu'au cri de sa mère qui, une fois son travail terminé, nous rappelait vers la vraie vie.

J'aimais le coté frondeur de Serge. Sachant sa mère toujours occupée, il flirtait constamment avec l'interdit, tablant sur une impunité prévisible. J'ai longtemps encouragé cette propension qu'il avait à toujours dégoté ce qui ne pouvait pas se faire, en étant systématiquement partant à chacune de ces propositions.

Serge n'était pas André. Je le sentais intuitivement. Secrètement, j'aurais donné beaucoup pour vivre des corps à corps aussi voluptueux avec lui, mais son intérêt pour les filles, le risque qu'il me rejette et de le perdre comme ami, l'incertitude qu'il conserverait un tel secret, et les conséquences imaginées si tel n'était pas le cas, me faisaient rester sur mes gardes. André était mon double, Serge mon alter ego. J'étais sûr de l'un, beaucoup moins de l'autre. Je n'étais pas amoureux d'André. On n'est pas amoureux de soi-même. Autant qu'on puisse l'être à cet âge, peut-être bien l'ai-je été de Serge... Son imagination à enfreindre l'ordre établi n'a jamais été à la hauteur de mes attentes. Mais certains de nos jeux ont fini par apaiser un peu mes frustrations.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Jeudi 22 septembre 2005 4 22 /09 /2005 00:00

Les pelleteuses étaient arrivées durant la nuit. Au petit matin, elles étaient là, rangées les unes derrière les autres,  le long du mur du cimetière.

Le bruit avait couru qu'un centre commercial allait être construit sur le terrain vague appartenant à la commune. En fait, il s'agissait d'une usine de fabrication de papier qui s'étendait du zoning industriel en empiétant sur la partie du terrain qui longeait leurs installations existantes. Notre terrain de jeu n'allait donc pas totalement disparaître. L'arrivée d'une armada d'ouvriers allait tout de même singulièrement modifier notre quotidien.

Un mois après leur arrivée, les remblais de la construction avaient considérablement transformé les lieux. Bosses et fosses constituaient une aire de jeu inattendue. Serge et moi y avions basé notre "camp". Une plaque de tôle surplombant deux bosses, couverte de terre, d'herbe et de branchage, une palette de bois fermant un coté, l'autre consistait en une haie d'épineux. Nous étions chez nous et nous sentions seul au monde. Nous ramassions les bouteilles consignées laissées sur le chantier par les ouvriers, et nous allions les transformer en argent à l'épicerie du village. Muni de ce magot, nous allions régulièrement acheter des cigarettes à la librairie en bas du village. Nous avions une demi-heure de marche à effectuer mais c'était l'assurance d'obtenir, auprès de cette brave femme un peu naïve, les cigarettes convoitées que nous venions prétendument chercher pour nos parents, alors que le libraire nous aurait plus vraisemblablement mit son pied au cul.  

Avec nos munitions, quelques fois agrémentées de canettes de bière, nous remontions au camp, excités à l'idée d'éviter à tout prix des rencontres avec des connaissances. Le détour pour éviter la rue dans laquelle j'habitais rallongeait le trajet d'un bon quart d'heure supplémentaire.

Au fur et à mesure, le confort de notre camp s'était étoffé. Un vieux garde mangé grillagé nous servait d'armoire, un vieux matelas poisseux de fauteuil, une lampe chapardée au chantier pour l'éclairage, parfaitement inutile puisque nous subissions l'injuste interdiction parentale de traîner dehors à la nuit tombée, et un trou creusé dans la terre de coffre fort. Emballées dans un sachet plastique entouré d'un gros élastique, notre butin attendait à l'abris de l'humidité qu'une escapade nous soit possible. Nous prenions des airs d'adultes pour tirer sur nos clopes, reproduisant sans le savoir les mimiques vues chez nos fumeurs de parents respectifs. Une plaquette de chewing-gum était là pour masquer les odeurs pour le moment où il serait temps de rentrer.

Nos copains de classes finirent par avoir vent de notre installation. Toutes les demandes d'invitations à participer à nos jeux recevaient systématiquement une fin de non recevoir. Serge prétendait que moins on était à être au courant, moins on courait de risque. J'appuyais énergiquement cette position, même si mes motivations étaient d'un autre ordre. Je n'avais aucune envie de partager mon amitié avec qui que ce soit.

 Le premier mercredi des vacances fut extraordinaire cette année là. Nous avions fait notre marché à la librairie. Il faisait une chaleur étouffante. Nous avions donc pris en sus six canettes de bière. La petite vieille en avait conclu que nos parents avaient soif.

Allongé sur le matelas défoncé, nous fumions et buvions allègrement. Nous jetions régulièrement un coup d’œil à l'extérieur pour s'assurer de notre impunité. Il était peu vraisemblable que quelqu'un vienne, les copains qui savaient craignaient les représailles, enfin celle de Serge en particulier, les autres ne pouvaient rien apercevoir de la route.

Je ne sais quoi, de la bière ou des cigarettes fumées l'une après l'autre, me faisait tourner la tête, mais je me sentais bien. Torses nus, nos épaules se touchaient. Je sentais sa chaleur. C'était pour moi enivrant. Serge interrompit ce précieux moment.

- Faut que je pisse, lança-t-il

 - Oh, moi aussi...

 - Mon père dit toujours que quand tu bois une bière t'en pisse deux...

 - On fait l'concours ?

 - Ok, celui qui perd à un gage.

Notre jeu favori consistait à uriner le plus loin possible, le gagnant se trouvant renforcé dans une virilité pourtant toute relative. J'étais assez bon à ce petit jeu. Je partais toujours confiant.

Du haut d'une bute, la cigarette au bec, tout occupé à notre affaire, on fut saisi par la vision d'un ouvrier, manifestement occupé à se soulager lui aussi. Quatre à quatre, le cœur battant, on fila se réfugier sous la tôle. La proximité inattendue de ce bonhomme nous avait dopés à l'adrénaline. En fanfaronnant, on cherchait à se convaincre qu'il ne nous avait pas vus. Notre cachette était sauve. Par précaution, nous avions écrasé nos cigarettes et planqué nos bières. Retenant notre souffle, on épiait le moindre bruit. Le silence était seulement déchiré par les bruits provenant au loin de la construction.

Serge prétendit avoir gagné le concours, ce que je lui contestai pour la forme. En fait, l'idée d'être à sa merci ne m'était pas du tout désagréable...

- Je suis ton chef pendant une heure, dit-il, tu dois m'obéir.

- Ok mais c'est toujours la même chose avec toi... Je ne vais pas te servir de boy, cette fois, ne compte pas dessus.

Serge avait un sourire énigmatique.

- Tu dois faire tout ce que je veux, me répondit-il pour me faire enrager.

J'attendais ces dictats en pestant à l'idée qu'il allait encore me soumettre à ses caprices débiles auxquels je me plierai de peur qu'on ne soit plus amis. Il jouait souvent de ce registre avec moi. J'y étais particulièrement sensible. Il l'avait bien compris.

- Montre-moi ta queue, ordonna-t-il soudain.

Je fus saisi par la nature de sa demande. Je ne m'attendais pas à ce genre de jeu avec lui. Savait-il quelque chose à propos de moi et d'André ? Pourquoi me lançait-il ce défi tout à coup ? Curieusement, je ressentis un peu de gêne, alors que franchement, c'était somme toute inespéré pour moi. Gêne mêlée d'excitation. Lui, Serge, m'invitant à des jeux interdits qui m'était personnellement coutumier ?

Ce n'était pas tant la nature de sa demande qui me troublait. C'était surtout que ça correspondait aux fantasmes qui nourrissaient mes moments intimes durant lesquels, quasi tous les soirs depuis qu'André m'avait initié, je me masturbais sous les couvertures en pensant à lui, l'imaginant bouillant de désir pour moi.

Mes rêves se réalisaient-ils, n'était-ce qu'un jeu passagé ? Son plaisir était-il de m'avoir sous sa coupe ou ressentait-il ne fusse qu'un peu de désir pour moi ? Je n'avais pas de réponse.

J'ai baissé mon short, attendant allongé, immobile, la queue à l'air. Je ne bandais pas, comme si je craignais qu'il ne parte d’un grand éclat de rire pour me dire qu'il ne s'agissait que d'un défi stupide, et qu'il était satisfait que je m'y sois plié.

Il avait manifestement autre chose en tête.

Il sortit un mouchoir de sa poche, comme s'il avait prémédité les choses. En fait, Serge avait toujours un mouchoir. C'était une des curieuses attentions que sa mère avait pour lui. Il ne sortait jamais sans qu'elle lui rappela de se munir d'un mouchoir...

Il le déplia d'un geste sec et, le tenant d'un coin, m'en caressa les parties en douceur.

Mon sexe durcissant n'était à l'instant qu'une réponse physiologique au contact agréable du tissu. Mon esprit était accaparé par le sentiment nouveau que, pour une fois, j'avais le dessus sur lui. Ce n'était si fréquent. La maladresse qu'il manifestait me disait qu'il s'aventurait en terrain inconnu là où moi, j'avais de nombreux repaires. Je m'enhardis aussitôt.

Dégageant son bras, je me mis à genoux et le repoussai sur le matelas. Allongé les bras ballants, il me regardait fixement. Je saisis son short et, soulevant son bassin, lui descendis sur les chevilles. Au repos, déposée sur ses testicules comme dans un écrin, sa queue me paru grande, belle, douce, magnifique. Il avait plus de poils que moi. Il formait un triangle noir qu'on eut dit taillé sur mesure. Un léger duvet montait de son pubis vers son nombril. Son torse était glabre mais commençait déjà à se dessiner. De larges tétons brun clair ornaient ses pectoraux prometteurs. A cet instant, mon érection était d'une toute autre nature.

Je saisis du bout des doigts son sexe endormi et le soulevai précieusement de ses boules, qui se mirent doucement en mouvement, montant et descendant, tournant légèrement sur elles-mêmes. Je contemplais ce spectacle connu comme si c'était la première fois.

Me penchant au-dessus de lui, j'engloutis son sexe mou à pleine bouche. Je faillis m'étrangler, tant elle me parut épaisse.

Maintenant sa verge du bout des doigts, j'exerçais une légère pression sur ses bourses. Je glissai ma langue sous son prépuce et fis le tour de sa couronne grenelée en douceur. L'ampleur rapide que prit sa bite et les gémissements qu'il laissait échapper me confortait dans mes entreprises.

Le goût légèrement amer de sa queue et l'odeur acidulée qui s'en dégageait me rendaient au comble de l'excitation. Je sentais ma bite tressaillir sous la pression sanguine. Elle venait par moment claquer sur mon ventre. J'englobai son gland turgescent de mes lèvres en exerçant une pression de plus en plus soutenue. Sous le plaisir, Serge ondulait du bassin. Je gobais tout à coup ses couilles, une puis l'autre. A peine velues, elles me paraissaient tellement appétissantes. A la vue, elles me semblaient énormes. Pourtant, je n'eus aucun mal à les recevoir toutes deux en bouche. A la différence de moi, Serge ne paraissait pas fragile de ce coté-là. Je les tournais en bouche, les malaxais avec la langue, bavant tant et plus, sans que je ne perçoive chez lui qu'un plaisir croissant.

Tout à coup, Serge ouvrit les yeux, me fixant en souriant. Sans un mot, il se redressa. J'interrompis donc, momentanément espérais-je, mes activités. Je perçus que, s'il s'était laissé faire langoureusement, sa nature dominatrice allait bientôt prendre le dessus.

Il me saisit par les épaules, me renversa sur le matelas et se mit à califourchon sur mes jambes. Avec des gestes fermes laissant peu de place à la résistance, il prit la direction des opérations. Mon tempérament le laissa m'emporter.

 Et il m'emporta. Haut et fort. 

Avec des gestes maladroits, il parcourait mon corps de ses mains fines. Se soulevant légèrement, il vint s'asseoir sur ma bite qu'il ajusta entre ses fesses. Quelques gouttes claires perlaient de mon gland. Il entreprit des va et vient, coulissant sur ma bite chaude de désir, dans un simulacre de coït qui nous transportait de plaisir.

Il déposa ses lèvres sur les miennes. Je brûlais du désir de lui rendre son baiser mais il garda les lèvres pincées. Ses seules références en la matière semblaient être les baisers de cinéma vus, revus et commentés à profusion lors des séances de ciné club qu'organisait tous les mois Matthias, notre  curé.

Ça n'avait rien de très agréable, mais le moment n'était pas idéal pour émettre une quelconque critique. Je m'empressai de lui saisir les fesses pour appuyer les caresses de son anus sur mon sexe, dont je percevais l'agréable chaleur.

Alors que je le branlais doucement, il me sembla apercevoir une ombre furtive. Distraitement, je détournai le regard vers ce que j'avais cru voir bouger subrepticement.

Planté à deux mètres de l'entrée de la cabane se trouvait un jeune mec qui ne devait pas être beaucoup plus âgé que mon frère aîné. A son bleu de travail et à son casque posé à ses pieds, je compris de suite qu'il travaillait au chantier.

Avant que je n'ai même eu le temps d'avoir peur, il m'invita au silence en posant son doigt sur ses lèvres puis me décocha un sourire d'une douceur telle que je le regardai sans rien dire. A l'évidence, il ne nous voulait aucun mal, tant et si bien que, de crainte de voir nos jeux s'arrêter brusquement, je gardai le silence.

La protubérance de son entrejambe, moulée dans son bleu de travail me laissait à penser qu'il y avait un moment qu'il était là. Réitérant son geste de silence, il entreprit de d'ouvrir un à un les boutons de sa braguette. Il souriait doucement, gentiment, comme s'il me demandait une faveur.

Je crois bien avoir ressenti alors, plutôt qu'une crainte légitime, un sentiment diffus de complicité. Serge, lui tournant le dos, s'était légèrement redressé et me branlait consciencieusement. Je lui rendais la pareille en sentant monter en moi un regain d'excitation. Le jeune homme tenait sa queue à pleine main, et je voyais apparaître puis disparaître son gland brillant à un rythme croissant.

Serge montait vers le plaisir. Ses gémissements se mêlaient aux miens. Nous nous masturbions de concert. Penchant légèrement la tête sur le coté, j'apercevais la bite de notre visiteur tout en ayant face à moi celle de Serge qui s'agitait à proximité de mon visage.

Notre hôte avait fourré un mouchoir dans sa bouche, qu'il mordait à pleines dents pour contenir ses gémissements précurseurs de l'orgasme. Il déchargea en un jet puissant qui vint mourir à un mètre de l'entrée. Enivré par le spectacle, j'éjaculai à mon tour, arrosant allègrement le torse de Serge, qui jouit aussitôt, m'atteignant en plein visage. Il se tenait sur ses bras, penché sur moi, haletant comme un bœuf. Son sperme me coulait sur le visage, je déposai mon regard dans celui de notre visiteur. Il me décocha à nouveau un sourire en rangeant sa bite assouvie dans son slip. Il ramassa son casque en m'envoyant un baiser de la main. Il disparut comme il était venu.
Serge n'en a jamais rien su.
 
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Jeudi 29 septembre 2005 4 29 /09 /2005 00:00

 Ces réunions avaient généralement lieu les vendredis soirs. A la clôture de chaque réunion, le staff nous autorisait à passer la nuit entre aînés, afin disait-il de favoriser la cohésion du groupe, bien nécessaire au bon déroulement d'un tel ambitieux projet. Pour ce qui est de la cohésion, nous y avons mit beaucoup d'ardeur... Bien au -delà de ce que j'aurais pu imaginer...

Les locaux de patrouilles jouxtaient le local de troupe. Il s'agissait d'une grande salle subdivisée en quatre par des cloisons, chaque local ainsi obtenu étant décoré par les patrouilles selon un thème choisi. Ils se révélaient plein d'originalité, confortable, suffisamment spacieux.

Nous choisissions à tour de rôle un local différent pour installer nos pénates pour la nuit. Ce soir-là mon local fut choisi. J'étais donc l'hôte de mes compagnons, et à ce titre responsable de l'intendance. Cela consistait à prévoir les victuailles pour l'éternel et sommaire barbecue autour duquel nous nous réunissions sur la plaine de jeu quelque soit le temps, mais surtout en l'approvisionnement d' alcools en tous genres que nous ingurgitions sans modération dès le départ de nos responsables. Je ne peux toujours pas croire qu'ils ayent été dupes de ce qui pouvaient se passer entre nous après leur départ, mais leur imagination n'aurait jamais pu aller jusque là où nous nous sommes très souvent rendus...

Cette nuit-là était claire. La pleine lune éclairait largement la plaine. La chaleur du barbecue autour duquel nous nous étions affairés compensait l'humidité montante. Ce que nous avions déjà bu finissait de nous prémunir du froid de la nuit. Un joint "digestif", qui tournait de l'un à l'autre, rougeoyait à tour de rôle nos visages laissés dans la nuit par les braises qui mourraient. La chaleur finissante ne réchauffait plus que nos torses. Des volutes de fumée à l'odeur caractéristique se mêlaient à celles du feu pour disparaître dans les airs. Nous fumions toujours en silence, réjouis à l'idée que la fête ne faisait que commencer.

L'installation des paillasses dans le local tournait, comme à chaque fois,  à la foire d'empoigne. Cris et éclats de rires fusaient. C'était à qui allait se ménager la meilleur place, l'un voulant être à coté d'un tel, l'autre s'installer près des boissons, un troisième près de la porte pour pouvoir aller pisser à loisir. Ça nous prenait souvent une bonne demi-heure.

Installés côte à côte en deux rangées se faisant face, les couchages recouvraient la superficie de la pièce. Le mobilier déménagé s'entassait dans le petit couloir séparant les locaux.

Dévêtu pour la nuit, chacun attendait que j'assure, en tant qu'hôte du jour, le service des boissons tandis que Gus et Vincent choisissaient les morceaux de musique  pour la nuit. Affalés sur nos couches, l'esprit embrumé par l'alcool et l'herbe, chacun était muni de son verre et de son pétard. La lumière tamisée des deux appliques murales jouait de nos ombres sur les murs. Un débat était lancé par Gus, grand fan notoire de Johhny Halliday, sur la portée philosophique des messages véhiculés dans les chansons de son idole. Tant le sujet que l'état dans lequel nous étions, nous faisaient évoluer au raz des pâquerettes. Un message dans les chansons de Johhny...Je croyais rêver...Gus s'emportait devant l'incurie quasi générale dont nous faisions preuve à l'égard du grand homme. Plus il s'énervait plus, sous l'effet du joint, des fous rires incoercibles remplaçaient le débat.

- Vous êtes tous trop cons, asséna-t-il, vous ne LE méritez pas... Vous ne me méritez pas non plus, d'ailleurs ajouta-il en nous concédant toutefois un sourire. Le débat mourut ainsi de sa belle mort, les fous rires s'éteignir, laissant place à un silence apaisant, agrémenté de la musique qui passait en sourdine.

Hésitant quant aux dernières facultés que me laissaient ma consommation d'alcool et d'herbe, je vis tout à coup,  dans un semi-brouillard, Cédric porter la main à son slip. Il se caressait calmement, l'air de rien, sans prêter attention à quiconque. En jetant un coup d'oeil circulaire, je me rendis compte ne pas être le seul à avoir remarqué ce moment de poésie...

Cédric fut vite rejoint par l'un puis l'autre dans ses activités toutes personnelles, à l'exception de Francis qui, le casque sur les oreilles et surtout trop bourré pour réagir, chantonnait sans s'entendre, émettant des sons tordus. C'était assez drôle pour soulever un éclat de rire général, sans pour autant interrompre un instant l'activité de groupe. Ces rires furent les bienvenus. Ils détendaient à point l'athmosphère. Nous étions là, pêtés comme des coins, riant ensemble tout en se tripotant sans vergogne.

Je ne sais plus à quel moment Cédric rampa de son couchage vers le mien. Arrivé à ma hauteur, il s'adossa au mur, la queue raide dans la main. Il me regardait d'un air entendu. Je sentis mon coeur battre dans ma poitrine, sans trop savoir quelle attitude adopter. Je n'eu pas longtemps à me poser la question. Il saisi mon slip, le fit glisser sur mes pieds et, se penchant à mon oreille me dit: " Laisse-toi faire, je parie que tu aimes ça..." Il me décocha un sourire qui me fit me demander s'il n'en savait pas plus long sur moi que je ne l'aurais pensé.

Il saisit ma queue, tout à coup moins en forme sous l'effet de la surprise teintée de crainte. Il cessa de s'occuper de la sienne pour m'avaler jusqu'à la garde. Je poussai un gémissement de surprise qu'il interpreta comme un encouragement. Il suçait divinement. Il était doux puis plus pressant, puis doux encore, jouant d'un registre subtil qui mit mon corps en émoi. Très vite, je perdis la conscience des autres pour ne plus être qu'un avec lui. J'entendais ses gémissements se mêler aux miens, avec pour effet immédiat d'accroitre notre excitation. L'effet secondaire imprévu, en tout cas dans mon chef, était que nous avions attiré sur nous l'attention et les regards de tous. Cambré sous les coups de langue de Cédric, je distinguai alors tous les regards fixés sur nous. Toutes les queues étaient au garde à vous, et leur propriétaire ne les ménageaient pas. Ca soufflait, râlait, gémissait dans tous les coins,  nous étions manifestement l'attraction qui soutenait toute cette activité onanique.

 

 

 

   

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Vendredi 30 septembre 2005 5 30 /09 /2005 00:00

Alors qu'il se retournait en me présentant son cul, je vis Gus et François éjaculer ensemble dans un râle quasi simultané. Leur sperme jaillit en l'air pour s'écraser sur leur poitrine. Gus en avait jusqu'au visage. Le râle de Vincent annonça l'imminence de son orgasme, qui lui arracha un cri lorsque sa bite cracha  dans un arc de sperme presque parfait. Ils continuèrent tous trois à se branler en douceur, extrayant les dernières gouttes de leurs verges ramollies.

 
Les autres étaient encore en forme et en pleine activité. Cédric et moi nous activions en un 69 endiablé. Gwen et  Charles  passèrent finalement à l'   action à deux, tandis que Francis cuvait, imperturbablement affalé, le casque sur les oreilles. Gus     et François regardaient                avidemment les deux couples s'ébattre .  La vigueur nouvelle de leur bîte attestait que l'excitation les gagnait à nouveau peu à peu.
Cédric me caressait le visage de ses bourses. Il me lèchait la hampe le long de la veine pour passer sur mes couilles, s'attarder un peu sur mon périnné et me titiller l'anus du bout de la langue. Je me sentais me dilater à chaque passage et tentais, en me cambrant à chaque fois, de lui faire comprendre que je souhaitais qu'il s'y attarde. La vision de son cul béant au dessus de mon visage me faisait frôler l'orgasme à tout instant. Je répondais à ses coups de langues par les mêmes caresses, pénétrant son cul de plus en plus profond, la langue endolorie tant elle était tendue. Je lui malaxais les fesses avec frénésie. Elles aiguisaient mon appétit.
Passablement excité, Gwen coucha Charles sur le ventre et, tandis qu'il s'enduisait la queue de salive, proposa à Cédric de l'imiter. Je me retrouvai aussitôt à quatre pattes, le cul tendu. Il m'enduisit de sa salive et présenta sa bite gonflée de désir entre mes fesses. Il tenta doucement de me pénétrer, m'invitant à me détendre. Cette première expérience m'ennivrait mais me faisait un peu peur. Sa propre inexpérience se traduisit alors par une débandade qu'il eut du mal à réfréner. Gwen , quant à lui, était en Charles et le limait vigoureusement en émettant des râles profonds. Charles se tortillait sous le plaisir reçu. Nous nous joignîmes alors à Gus , François et Vincent qui avait enfin émergé,  dont les bites étaient à nouveau très en forme pour, à genoux en cercle, éjaculer de concert en beuglant notre jouissance. La nuit de repos commença vraiment quand Gwen, le souffle court, se retira de Charles qui haletait, étendu à ses pieds. 

 

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Vendredi 30 septembre 2005 5 30 /09 /2005 00:00

Nous avions vieilli de deux années quand son père est décédé. Deux années d'inscoucience durant lesquelles nous avions pris l'habitude de nos jeux interdits.

Il ne se passait pas une semaine sans que nous nous réfugions dans sa chambre pour nous adonner aux plaisirs du sexe. Nous ne nous considérions pas amant, ça ne nous serait pas venu à l'idée. C'était un peu un rituel de retrouvaille après une semaine de séparation. Lui était à la grande ville, là où se trouvait le seul établissement proposant une formation en électricité, moi à la bourgade d'à coté où se situait le collège des jésuites. Tous deux étions emprunt de l'image de notre père. Le sien avait été électricien d'avions à la défense nationale avant de travailler au service après-vente d'une grande chaine d'électro-ménager, le mien avait fait ses latines chez les curés. On suivait donc chacun notre chemin, sans trop se douter qu'en fait, on suivait le leur.
Nos corps avaient changés. Nos esprits aussi. Nous avions quittés l'enfance et l'inscouciance dans laquelle nous baignions. André prenait de plein fouet les errances d'un père mentalement affaibli. Il souffrait d'avoir été l'objet du rejet de sa mère dès sa naissance. Face à lui, j'étais presque gêné de présenter un bilan familial si pas complétement réussi, tout au moins honorable.
Fernand, son père, était un bel homme à l'allure séduisante. Il plaisait efficacement aux femmes, qu'il collectionna toute sa vie. Blessé par l'abandon de sa première épouse, il se protégeait de tout désappointement en gardant le contrôle sur toutes qui s'aventuraient dans son lit. Il n'était plus quitté, c'est lui qui partait. Toujours. Quand il n'en rencontrait pas spontanément, il passait des annonces à la recherche d'une femme. Il en épousa trois. Enfin, de ce qu'on en a su.
Sa deuxième femme, pour laquelle il s'expatria à la capitale, avait une fille d'une précédente union. Fernand l'investit, elle et sa mère, avec une énergie proportionelle à son désir, à l'époque  avorté, de fonder une famille unie. Il était le père d'un garçon, il serait le père d'une fille. Il l'adopta sans réserve. Le couple entouré des deux enfants accueilli alors un troisième enfant, une petite fille  née d'un réel désir de construire fort et beau. Ca ne dura pas.
Un soir d'hiver, sa première fille adoptive rentrait de l'école comme chaque jour à 16 heures. Un ramassage scolaire était organisé et venait la chercher au matin pour la ramener chez elle en fin de journée. Très encadré, ce service était utile, tant la circulation en ville était problématique. Il était impensable d'assurer soi-même les trajets avant de prendre son travail. Ca faisait deux années qu'ils se félicitaient de cette organisation offerte parl'école.
La nuit tombait déjà quand le bus scolaire s'arrêta à hauteur de la maison. Comme à son habitude, le chauffeur actionna ses feux de détresse avant d'ouvrir les portes pneumatiques.  De l'autre coté de la rue, sa mère l'attendait toujurs pour l'aider à traverser la chaussée et la réceptionner. Ce soir-là, en retard au travail, elle avait demander à Fernand d'être là.
Toujours quant il apercevait sa fille, ses yeux s'illuminaient. On aurait  dit qu'il fut en présence d'une apparition. Il n'y avait alors que sa Princesse qui comptait, dans toute la démesure dont il avait toujours fait preuve en tous points. Les remarques lui adressées ci et là n'avaient aucun poid. Oui, il était fou de sa fille et alors, demandait-il ?
La petite contourna le car par l'avant sans que personne ne prenne la mesure du danger. A la vue de son père qui s'agitait de l'autre coté en hurlant: "Ma princesse...", la petite s'élança vers lui en tendant les bras. Un crissement de pneu déchira d'un coup l'athmosphère. L'impact ne fit même pas de bruit. La petite gisait sous la voiture, morte, tuée sur le coup.
C'est ce jour-là que Fernand mourru. Dans sa tête. Dans un processus psychique salvateur, son cerveau prit le relais pour faire face à l'insupportable. Tandis qu'une ambulance emmenait le corps de sa fille morte, une autre l'emmenait lui, mort aussi finalement. Pourtant, il respirait encore.
Ce drame signa l'éclatement  de sa famille. Sa femme ne lui pardonna jamais et disparu du jour au lendemain. Il allait aussi scellé l'avenir de la famille entière, sur deux générations. André en ferait les frais.
Le père sortit fragilisé, suicidaire de l'hôpital psychiatrique un an plus tard. Il n'assumait plus son rôle vis à vis de ses deux autres enfants. Il n'assumait plus rien, en fait. C'est ainsi qu'André trouva définitivement refuge chez sa grand-mère tandis que sa soeur avait disparut avec la mère au lendemain de l'accident. On ne la revit que des années plus tard. Il reprit sa quête compulsive des femmes, dans une fuite en avant illusoire. Il finit par perdre son travail et vivait de petits expédients. Il passait voir sa mère de temps en temps, et accessoirement son fils. Il lui promettait toujours monts et merveilles sans jamais tenir ses engagements. Paradoxalement, il était à ce point différent de mon propre père qu'il exerçait sur moi une sorte de fascination.
Il rencontra un jour Marlène, qui sera sa dernière femme. Elle était d'une beauté surprenante, ainsi que sa fille d'ailleurs, à l'époque un peu plus jeune que nous. Elle était aussi teigneuse que jolie, et nourrit immédiatement des sentiments hostiles vis-à-vis d'André. On ne su jamais vraiment pourquoi. La distance géographique, ainsi que celle imposée par l'inimitié de cette femme fit qu'André se détacha irrémédiablement d'eux, pour faire sa vie seul, auprès de sa grand-mère.
On entendit quasi plus parle d'eux, qu'occasionellement lorsque Fernand consentait à descendre en province, pour venir geindre auprès de sa mère sur sa vie difficile, ses déboires conjugaux ou professionnels. Il arrivait que ce soit le manque d'argent qui lui fasse se rappeller qu'il avait une mère.
  
  
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Vendredi 30 septembre 2005 5 30 /09 /2005 00:00

Nous étions très mal à l'aise lors de nos premières retrouvailles seul à seul après nos ébats inattendus dans le terrain vague. Serge m'avait paru distant depuis lors. A la récré, il semblait me fuir, ou plutôt ne pas me reconnaitre. J'étais anéanti de me sentir nier ainsi. Il flagornait tant et plus devant les filles en faisant comme si je n'existais pas. J'avais beau suspecter que son attitude trahissait un véritable malaise, je n'étais pas décidé à le laisser m'humilier. En fait d'humiliation, il n'y avait que moi pour la ressentir, les autres étant à mille lieues d'imaginer ce qui pouvait nous animer lui et moi. La cloche sonnant la reprise des cours l'avait épargner d'une explication que j'avais résolu d'obtenir de sa part.

A la fin des cours, il s'éclipsa par la ruelle du cimetière qui menait directement à sa maison. Je le suivis à distance et attendis qu'il soit chez lui pour aller sonner à sa porte. Sa mère me fit entrer et l'appella du bas de l'escalier pour annoncer ma visite comme elle l'avait fait mille fois auparavant. Sans réponse de Serge, elle m'invita à monter le rejoindre dans sa chambre.
Par sa porte entrouverte, je le vis affaler sur son lit. Il semblait m'attendre.
- Je savais que tu allais te pointer, me dit-il
- Pourquoi tu t'es tiré comme ça ? Tu me fuis ou quoi ?
Il ne répondit pas, sa mine renfrognée m'agacait
- C'est à cause de l'autre jour, au terrain ?
- Je ne suis pas un pédé, moi
- Moi oui, c'est ça que tu veux dire ?
- Je voulais juste rigoler, je ne voulais pas que ça se passe comme ça...
- Comme quoi ?
- On a fait les pédés, j'te rappelle...
- Ca t'as pas plu, peut-être ?
- J'me rendais pas compte de ce qu'on faisait...oui, sur le moment...c'est après, c'est maintenant, je suis mort de honte...
- Tu l'as dit à quelqu'un ?
- T'es fou ?
- Où est le problème , alors ?
- Le problème, c'est quand je te vois...Ca me rappelle...
- Alors tu me fuis...J'ai bien senti ces derniers jours...
- J'veux pas qu'on me prenne pour un pédé, je vais avec les filles, moi...
- Et le fait d'être avec moi...Tu veux dire que parce qu'on me voit avec toi, on te considérera homo ?
- J'ai bien vu que c'était pas la première fois pour toi, tu te conduisais comme une fille...
- Je me conduisais comme un mec qui aime les mecs...Je serai jamais une fille...
J'étais à la fois agacé par cette analogie ridicule, et en même temps gratifié que, pour la première fois de ma vie, je sois perçu comme homo. Ca me faisait une impression bizarre mais plaisante. Je n'en dis rien.
- J'avais pensé que, peut-être un jour, on recommencerait. Tu sais, je pense souvent à toi, à nous, et j'aurais voulu que...
- Non...C'est pas possible...Je t'aime bien comme ami, mais pas plus, je ne veux plus qu'on joue à ça...
- J'avais pas l'impression qu'on jouait...Pour moi, c'était plus qu'un jeu..Je...
- Tais-toi, dit-il en se redressant brusquement...Tu ne peux pas...
- T'aimer ? Mais ça ne se commande pas, j'ai pas vraiment choisi...
- Fous l'camp...Je ne veux plus te voir, fit-il en se levant et en me désignant la porte.
Mes yeux s'embuèrent et je pris l'escalier en courant. En bas, sa mère, alertée par les éclats  de voix, me regarda dévaler l'escalier. Elle me saisit par le bras et planta son regard dans le mien sans mot dire. Le visage inondé de larmes, je soutenai son regard une fraction de secondes. J'y vis une compassion qui ajouta à mon désarroi. Depuis quand était-elle là ? Avait-elle assisté à notre conversation depuis le hall d'entrée ? Je ne le su jamais. Je pris la porte qui se ferma derrière moi dans un claquement sourd.
Au dehors, il faisait chaud. J'avais le souffle court, je fus pris de vertige. Une chape de plomb pesait sur moi. Je tentai de me ressaisir en me penchant en avant, les mains sur les genoux. Je me mis à courir aussi vite que mes jambes le pouvaient en longeant le mur du cimetière. Je m'arrêtai avant le carrefour. Il fallait à tout prix que je cesse de pleurer. Je ne pouvais pas traverser le village de la sorte.
A la maison, ma mère ne manqua pas de remarquer que quelque chose clochait. J'invoquai l'odeur d'asphalte inhalée en traversant le chantier de réfection de la route principale pour expliquer un supposé malaise. Je lui en voulu de se satisfaire de cette explication. Je me réfugiai dans ma chambre jusqu'au lendemain matin.
Aujourd'hui encore, ma mère parle de mon étrange sensibilité aux odeurs d'asphalte...
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